Catégorie: column
Date de publication : juin 29, 2018

Les golfs à l’heure du biocontrôle

Adrien Lauberton et Pierre Sarramagnan, greenkeeper du golf d'Hossegor

Spécialiste du biocontrôle en JEVI (Jardins Espaces Végétalisés et Infrastructures) et basé à Koppert Estillac (47), Adrien Lauberton développe la stratégie NatuGro en gazon depuis trois ans déjà. NatuGro est un système de pilotage des équilibres naturels autour du végétal. En gazon, NatuGro associe TRIANUM (l’unique biofongicide préventif homologué sur gazon et stimulateur racinaire à base de Trichoderma harzianum) et VIDI PARVA, biostimulant d’origine végétale, stimulateur de la rhizogénèse, dans l’objectif de limiter au maximum les IFT* concernant le Dollar Spot et le Pythium. Adrien Lauberton co-signe ce mois-ci un article retraçant les avancées de certains golfs du Sud-Ouest dans cette démarche. À lire dans Green magazine 58, la revue de l’AGREF (Association française des personnels d’entretien des terrains de golfs).

Pouvez-vous nous faire part des expériences actuelles en golf dans le Sud-Ouest avec NatuGro  ?
Adrien Lauberton : Nous travaillons en NatuGro sur plusieurs sites du Sud-Ouest. En 2016, la démarche a démarré entre autres à Hossegor, à la Nivelle, et à Mont-de-Marsan, golfs avec qui nous avons présenté les résultats et réflexions de l’année 2016 pour la revue de l’AGREF. Tous les sites 2016 poursuivent leur protection en 2017, la plupart du temps en augmentant les surfaces protégées, et de nouveaux sites ont lancé un programme cette année. Les résultats sont vraiment prometteurs.
Cette année, nous avons adapté notre programme au climat et démarré un peu plus tard. La protection, avec des applications mensuelles de TRIANUM et VIDI PARVA, s’étendra donc de début avril à début octobre. Il a fallu gérer la Fusariose froide à la fin avril, quelques impacts de Dollar Spot se font sentir actuellement sur mai-juin, mais le gros challenge reste le pic de la maladie attendu sous notre climat en aout/septembre.

Quels sont attentes des golfs utilisateurs ?
AL : Le besoin premier est assurément de faire face au retrait des matières actives, comme notamment l’Iprodione, ciblant le Dollar Spot, potentiellement définitivement interdite en 2017. Il est également absolument primordial de réussir à limiter les phénomènes de résistance aux matières actives de façon générale. C’est dans ce contexte que la démarche NatuGro émerge pour apporter de nouvelles pistes de travail. Proposer des alternatives à la fois efficaces et respectueuses de l’Environnement, des usagers des golfs et bien sûr des jardiniers est notre objectif avec NatuGro.

Quels sont les points forts du programme ?
AL : L’efficacité très visuelle est un premier atout. En 2016, après des attaques fortes de Pythium et de Dollar Spot, il y avait un reverdissement très net et rapide avec NatuGro. On note également une pression qui se révèle moins fulgurante. C’est un gros point fort du programme du point de vue des greenkeepers dans le Pays Basque où le climat favorise la rapidité du Dollar Spot. Avec NatuGro, on gagne du temps pour réagir. Ce fort coup de frein NatuGro permet de mieux traiter, au moment opportun et donc au final de réduire les IFT notamment en retardant au maximum la première application.
Enfin, le programme est apprécié aussi pour sa facilité d’application. Les greenkeepers ne changent pas leurs habitudes, notamment car les solutions NatuGro s’appliquent par pulvérisation et sont compatibles avec la plupart des autres produits de protection employés. NatuGro ne présente pas de délai de réentrée de par l’usage en traitement du sol de TRIANUM.

Quelques conseils pour bien démarrer NatuGro ?
AL : Je dirais qu’il faut être prêt à franchir le cap du biocontrôle et avoir confiance en une démarche biologique. Nous appréhendons les choses avec douceur, et l’idée n’est pas de passer d’un coup du tout chimique au tout biologique. NatuGro en gazon est vraiment une démarche progressive et préventive. Pour s’engager, il faut aussi être rigoureux dans le suivi du planning d’applications mensuelles qui permet de maintenir les taux de populations de Trichoderma. C’est fondamental pour la réussite. Les équipes de jardiniers doivent être bien formées aux maladies pour remonter des informations rapides et précises au greenkeeper. Nous définissons ensuite des seuils de suivi pour déclencher ou pas des traitements phytosanitaires.
NatuGro s’intègre enfin dans une démarche globale d’entretien du golf. Les techniques culturales sont fondamentales pour limiter au maximum les stress au gazon.
Le démarrage des applications doit se faire en début de saison. Mais dès l’année précédente, il convient d’expertiser le golf pour un diagnostic biocontrôle. Définir les problématiques, les pressions, organiser l’équipe sur ce nouveau sujet, visiter des golfs expérimentés dans le biocontrôle est important pour se lancer.

*IFT : Indice de Fréquence de Traitement

Article Green magazine n°58 avril mai juin 2017 : à lire ici