Lancement du projet de recherche sur les punaises IMPULsE, par Thibaut Verfaille

Thibaut Verfaille est basé à Pont Saint Martin (44), l’antenne nantaise de Koppert. Il assure une mission de développement pour l’entreprise sur la thématique macro-organismes avec des actions ponctuelles définies également sur les micro-organismes et les biostimulants. Interlocuteur privilégié des organismes technico-scientifiques français et européens, il est impliqué dans de nombreux projets de recherche appliquée de type collaboratif (PETAAL, SAVEBUXUS, RHIZODIA…). Il est également fréquemment appelé à s’investir sur le terrain auprès de notre réseau de conseillers, pour adapter les nouvelles stratégies de biocontrôle chez les producteurs.


Pouvez-vous nous présenter ce nouveau projet de recherche sur les punaises ?

TV : Ce projet baptisé IMPULsE (développement et Intégration de Méthodes innovantes pour la maîtrise des PUnaises en cultures LEgumières) vise à travailler sur la maitrise des punaises phytophages (Pentatomidae et Miridae) en cultures légumières sous abri et plein champ. Les punaises sont devenues un problème majeur depuis quelques années sur de nombreuses cultures (aubergines, tomates, fraises, concombres, choux…). Ravageurs secondaires à l’origine, elles sont maintenant bien présentes et il ne faut pas les négliger sur le terrain. Elles fragilisent souvent les stratégies globales de Protection Biologique Intégrée (PBI).
Ainsi, nous allons travailler sur 5 cibles et sur 3 cultures modèles (aubergine, tomate, chou). Nos suivis porteront sur Nezara viridula, Lygus spp, Nesidiocoris tenuis, Halyomorpha halys et Eurydema sp. Le démarrage de ce projet CASDAR/AFB (Agence Française pour la biodiversité) vient de débuter et se poursuivra jusqu’en 2020. Un suivi rigoureux et régulier va être réalisé par les différents partenaires chez des producteurs et en stations.


Qui sont les acteurs de ce projet ?

TV : Le porteur du projet est le CTIFL (Balandran). L’INRA Sophia-Antipolis, le Centre de Biologie pour la Gestion des Populations (CBGP), l’INRA de Montpellier), le GRAB, l’APREL, INVENIO, les chambres d’agriculture du Lot et Garonne et des Bouches du Rhône, les Lycées agricoles d’Avignon et de Sainte Livrade, ainsi que KOPPERT constituent l’équipe qui va prendre en main ce vaste sujet pendant 3 ans.


Quels sont les objectifs précis et les stratégies qui vont être mises en place et testées ?

TV : On peut souligner 4 actions majeures IMPULsE:
1 - Amélioration des connaissances sur la biologie des punaises et leurs dégâts. Mieux connaitre est un fondement essentiel pour protéger la plante dans le respect des équilibres naturels.
2 – Recherche de nouvelles solutions basées notamment sur des lâchers d’auxiliaires indigènes, l’utilisation d’autres produits de biocontrôle et une gestion agro-écologique de par l’utilisation de plantes pièges et de plantes relais.
3 - Acquérir des références technico-économiques précises sur des combinaisons de techniques de protection (prophylaxie, monitoring  phéromonal et chromo-attractif, filets, auxiliaires indigènes, gestion agro-écologique…). L’idée est de combiner et intégrer les méthodes évaluées aux stratégies de protection en AB et en protection intégrée dans un contexte technico-économique viable
4 – Valoriser et assurer le transfert des résultats obtenus et des références acquises.


Pour quelle raison Koppert adhère-t-elle à IMPULsE ?

TV : La démarche collaborative IMPULsE est un engagement fort pour faire émerger des solutions concrètes et fonctionnelles sur le terrain contre les punaises phytophages. Nous avons de très nombreux retours chaque année et les punaises phytophages sont devenues un gros challenge pour la PBI sur de nombreuses cultures pour les producteurs, c’est pourquoi il est indispensable de rééquilibrer la situation.
Concrètement, pour cette année, Koppert se positionne sur des suivis de populations et d’évaluations de dégâts sur aubergine et sur tomate en Loire Atlantique, Lot et Garonne et dans le Sud-Est.