Gamme nématodes Koppert : l'innovation gel

Cyrille Verdun est responsable du département Innovation & Développement de Koppert France. À la croisée des chemins de la Recherche fondamentale portée par notre groupe international, de la recherche appliquée axée sur des collaborations avec les grandes stations françaises et d’un marketing informatif et pédagogique, il dynamise l’équipe Koppert France pour développer des innovations pertinentes pour nos clients tout en faisant évoluer les pratiques de biocontrôle sur le terrain.
Basé à Cavaillon depuis 2008, il bénéficie d’une solide expérience dans le domaine des nématodes et est porteur de projet nématodes à l’international pour le groupe. Les nématodes sont assurément des auxiliaires de choc pour un biocontrôle pointu et performant. Ce mois-ci, Koppert avance un pion stratégique sur l’échiquier du biocontrôle en lançant une nouvelle formulation gel pour les nématodes. Découvrons ensemble l’évolution de cette gamme de vers microscopiques.

Les nématodes entomopathogènes sont présents depuis plus de 30 ans dans le radar du Biocontrôle français, quelles sont leurs principales forces en tant qu’agents de biocontrôle ?

Les nématodes entomopathogènes ou auxiliaires sont étudiés depuis le 19e siècle, mais, en effet, la recherche s’est accentuée dans les années 80. À la fois spécifiques et redoutables, ils constituent d’excellents bio-insecticides si les conditions d’emploi (environnement, humidité) sont respectées. Efficaces, utilisables en AB et biocontrôle en tant que macroorganismes indigènes, ils devraient prendre de l’ampleur dans les gammes insecticides à venir.

Présentez-nous la gamme des nématodes Koppert, quelles sont les cibles et sur quels marchés sont-ils le plus utilisés ?

Koppert produit 3 espèces avec chacune leur préférence en cible insectes et conditions environnementales (température). Ces trois espèces sont vendues en horticulture sous abri (sciairides/otiorhynques/thrips), en espaces verts (ravageurs des gazons & palmiers) principalement. Des travaux récents ouvrent des perspectives en arboriculture fruitière (ravageurs lépidoptères tels que le Carpocapse du pommier ou la Tordeuse orientale) et maraîchage (Criocère de l’asperge). Enfin, ils sont même travaillés en grandes cultures afin de se prémunir contre la future diminution d’insecticides conventionnels.

Les 3 espèces commercialisées par Koppert sont :
Steinernema feltiae (TIGRANEM, ENTONEM, CAPOEIRA)
Steinernema carpocapsae (PALMANEM, TIGRANEM, CAPSANEM, SPORTNEM-T)
Heterorhabditis bacteriophora (SPORTNEM-H, LARVANEM)

En quelques mots, présentez-nous l’innovation de cette nouvelle formulation gel proposée par Koppert ?
La conservation des nématodes est liée à la cryptobiose, un repos « forcé », permettant aux nématodes d’économiser leur énergie avant d’être « libérés » sur les parcelles agricoles. Plus cet état de pause forcée est profond, meilleure est la durée de conservation des nématodes. La formulation gel permet d’optimiser cette cryptobiose, en privant les nématodes à la fois d’eau et de capacité de mouvement. Nous avons ainsi réussi, après plusieurs années de recherche, à doubler leur capacité de conservation, tout en garantissant des nématodes frais et vigoureux prêts à l’emploi.

Quels sont les atouts pour l’utilisateur ?
La prolongation de durée de conservation est un atout évident pour nos distributeurs et consommateurs finaux, qui gagnent en souplesse d’utilisation. Nous avons aussi constaté que la dissolution des nématodes était meilleure et la mise en suspension prolongée. En effet les nématodes sédimentent moins vite dans les pulvérisateurs, rendant leur utilisation plus facile. Enfin, nous avons retiré 100% de l’argile contenue dans la précédente formulation, faisant ainsi disparaître les résidus blanchâtres parfois présents sur fleurs et fruits, dans le cas d’un usage en foliaire.

Alors 2018, l’année nématodes ?
Dans un contexte de retrait de molécules insecticides conventionnelles, couplé à une volonté politique de développer des itinéraires techniques de biocontrôle, je dirais que 2018 sera le début d’une accélération du développement de cette gamme de bioinsecticides, en croissance stable depuis plus de 20 ans.